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samedi 18 juillet 2009

Fantasia 2009 - Jour 9

20TH CENTURY BOYS - CHAPTER ONE (2008) de Yukihiko Tsutsumi.

Un grand film épique aux nombreux personnages, adapté d'un manga bien touffu, ce qui donne un film avec beaucoup de matériel et de charme. Tsutsumi (du génial 2LDK) réussit à démêler le tout et bâtir des personnages attachants avec une histoire intrigante aux nombreux revirements. Après 140 minutes, on ne s'est pas ennuyé et on est bien partant pour la suite de ce divertissement inventif sur la fin du monde.

SECRET HOT SPRING RESORT: STARFISH AT NIGHT (1970) de Mamoru Watanabe.

Un autre métrage faisant partie du fabuleux volet sur les pinku eiga, cette comédie érotique vaut le coup d'oeil pour la dynamique de ces pornographes amateurs tentant de gagner leur pain, apportant leur matériel de ville en ville. La photographie noir et blanc est toujours soignée et parsemée de séquences en couleurs comme l'était GUSHING PRAYER, délaissant le côté plus sérieux de ce dernier pour se contenter de créer des personnages attachants, en ajoutant de l'humour bien rigolo ici et là (dont lors d'un tournage d'un film érotique particulier qui se terminera dans le drame). Un bon visionnement qui donne le goût d'en voir encore plus sur le grand écran.

THE CHASER (2008) de Na Hong-jin.

On en entendait parler depuis sa sortie (honte à moi de laisser traîner mon DVD coréen sans visionnement) alors pourquoi pas se laisser tenter par le grand écran pour l'expérience ultime. Le verdict: superbe ! Les commentaires positifs à son sujet sont justifiés. En voilà un qui tient en haleine du début à la fin avec un départ à vous glacer le sang par la cruauté de son meurtrier et le ton réaliste de l'entreprise. Les interprètes sont fabuleux, autant Kim Yoon-Seok en policier devenu pimp, que Ha Jeong-woo en tueur en série donnant froid dans le dos sans trop en faire, que Seo Yeong-hee en pauvre victime malmenée à qui on s'attache rapidement. La mise en scène nerveuse et maîtrisée fonctionne à merveille, la photographie est impeccable et on en ressort tabassé et impressionné. Un must et un des meilleurs du festival. Si vous avez manqué votre chance de le découvrir sur le grand écran, Séville / E1 sortent le DVD le 11 août au Canada.

VAMPIRE GIRL VS. FRANKENSTEIN GIRL (2009) de Naoyuki Tomomatsu et Yoshihiro Nishimura.

Tout un titre, non ? Y a-t-il de l'hémoglobine ? Quelle question ! Ça jute de partout et non, je n'exagère pas. À la moindre possibilité, on part les geysers. Ce n'est pas une grande surprise lorsqu'on sait que le co-réalisateur est Yoshihiro Nishimura, confectionneur par excellence d'effets spéciaux sanguinolents et réalisateur de TOKYO GORE POLICE. On tombe dans l'humour la plus folle avec une vampire écolière recrutant son coup de foudre à la St-Valentin au grand détriment de la terrible reine des classes. C'est la guerre. Et le sang coule. Et coule. Jusqu'à se demander s'il ne va pas en manquer. On termine donc avec un divertissement amusant et inventif au niveau du carnage, tout en gardant le ton bien léger, à condition de ne pas être repoussé par le niveau d'hémoglobine affiché. Au festival, on a encore eu droit à un Q&A hilarant avec Nishimura partageant sa folie et son humour débridé avec le public bien réchauffé par le film.

Prochaine fois: 20TH CENTURY BOYS: CHAPTER TWO, CRUSH AND BLUSH, THE HORSEMAN et SMASH CUT.

mardi 7 juillet 2009

Fantasia 2008 - Jour 10

CHANBARA BEAUTY (2008) de Yôhei Fukuda.

Dans la veine d'un MACHINE GIRL (les dames vengeresses faisant un retour féroce au festival cette année), nous voilà avec l'adaptation d'un jeu vidéo à l'héroïne fort sexy combattant des zombies dans un monde post-nuke, à la recherche de son ennemie jurée. On est en plein milieu d'un divertissement qui ne cherche rien d'autre qu'à faire passer le temps et ça réussit sans trop de problème, malgré des longueurs après ses folies de départ. Rien de bien inventif ici, renvoyant au jeu vidéo le plus souvent possible, en particulier lors des combats à l'aide de sabres magiquement puissants. Moins amusant et moins abouti que MACHINE GIRL, mais ça fait la job si on n'est pas trop demandant.

ALL THE BOYS LOVE MANDY LANE (2006) de Jonathan Levine.

Slasher hybride mélangeant efficacement l'esthétique des années 70, les notions du golden age des slashers des années 80 en plus d'une touche plus récente. Cet heureux mix apporte une certaine fraîcheur dans le genre avec un style plus travaillé et de bons acteurs. Les meurtres sont particulièrement réjouissants par leur simplicité et leur originalité, frappant là où ça fait mal. Les révélations finales sont au niveau de la qualité du métrage, ajoutant un contexte satisfaisant et bien plus lourd que prévu, permettant de démarquer d'autant plus ce slasher bien mis à jour. Ça fait chaud au coeur d'en voir un bon comme ça.

SHAMO (2007) de Pou-Soi Cheang.

Pou-Soi Cheang nous ayant tabassé sauvagement avec son DOG BITE DOG, on attendait son nouveau de pied ferme. Sa mise en scène et sa photo léchée y est toujours, ainsi qu'une certaine brutalité, mais on ne sort pas convaincu de la salle, le film accumulant les répétitions de scènes similaires dans le ring. Loin du navet, mais on espérait plus de ce metteur en scène talentueux d'autant plus que l'on tournait autour d'un tournoi de combats dans ce cas-ci.

TOKYO GORE POLICE (2008) de Yoshihiro Nishimura.

Nouvelle production de Fever Dreams (ayant donné MACHINE GIRL la dernière fois) et pour ce qui est du délire, ils ont tapé dans le mille. Nishimura étant un collaborateur à différents niveaux sur plusieurs projets déments (SUICIDE CLUB, EXTE, MEATBALL MACHINE), les attentes étaient grandes tout en redoutant que ce ne soit que du gore et de la folie sans aucune substance. Heureusement, ce n'est pas le cas. On ouvre avec une séquence sanguinolente à souhait et le film ne ralentit aucunement par la suite. Des idées folles, il y en a et c'en est réjouissant en plus de fausses pubs pince-sans-rire à la ROBOCOP et STARSHIP TROOPERS, touchant le bobo là où ça fait mal. Aucun tabou ne semble faire frémir le réalisateur et son équipe, poussant le bouchon bien loin et parsemant son film de développements ici et là lorsque la fumée s'évapore. La présence charismatique d'Eihi Shiina (AUDITION) aide grandement au film en ancrant bien son personnage froid, mais attachant. Le résultat demeure un peu longuet (pas loin de deux heures), mais on oublie rapidement ce point négatif en se remémorant tout ce dont on a pu se mettre sous la dent. Dément.